Le verdissement du secteur électrique devient palpable

30 mai 2017

La part des énergies renouvelables dans la puissance électrique installée a atteint 34,5% en 2016. La hausse est due au solaire et à l’éolien, la production hydroélectrique s’est contractée.

La production d’électricité d’origine renouvelable s’apprécie. D’après les chiffres recueillis par La Vie éco auprès du ministère de l’énergie et des mines, deux des trois composantes des énergies renouvelables, le solaire et l’éolien, ont enregistré un bond significatif en 2016. Ainsi, la part de l’énergie éolienne dans le mix-électrique est passée de 2519,3 GWh en 2015 à 3000 GWh en 2016, soit une évolution de 19,1% par rapport à 2016. Pour sa part, la production de l’énergie solaire a connu une augmentation spectaculaire, passant de 5,7 GWh à 401,5 GWh. Seule la production hydroélectrique a diminué de 27,1%, à 1 662,2 GWh.

Au premier trimestre de 2017, cette montée en force du solaire et de l’éolien se confirme puisque le premier a évolué de 24,5%, à 98,6 GWh, tandis que le second a évolué de 6,1% ; de 675 GWh la production est montée à 715,9 GWh, toujours selon le ministère de tutelle. De son côté, l’hydraulique peine à sortir du rouge avec une diminution de sa production de l’ordre de 1,7% en glissement trimestriel.

Si pour le solaire et l’éolien l’augmentation de la production s’explique par la mise en service de plusieurs centrales dont, entre autres, Noor Ouarzazate 1 en février 2016, l’hydraulique, qui dépend fortement des conditions climatiques, n’a pas pu tirer profit de la puissance installée en 2016 qui a atteint 1 770 MW, selon Masen, le groupe public chargé du pilotage des EnR au Maroc. «L’année 2015 a été caractérisée par une bonne pluviométrie par rapport à l’année 2016. La production d’électricité d’origine hydraulique est fortement corrélée aux apports en eau au niveau des barrages dotés d’usines hydroélectriques», explique une source haut placée au ministère de l’énergie et des mines sous le sceau de l’anonymat. «La part des énergies renouvelables dans la puissance installée électrique a atteint 34,5% en 2016. Les projets en cours de réalisation et ceux prévus d’être mis en service entre 2017 et 2020 porteront cette part à plus de 42%», poursuit-elle.

La production électrique s’est accrue de 2,9% en 2016

Dans le solaire, il s’agit entre autres de la centrale Noor Ouarzazate II (200 MW) dont la mise en service est prévue pour le 3e trimestre de 2017 ainsi que Noor Ouarzazate III (150 MW) et VI (72 MW) et les stations Noor Laâyoune (85 MW) et Boujdour (20 MW) qui seront opérationnelles en 2018.

De son côté, la capacité de production dans l’éolien sera renforcée par la mise en service en 2018 de trois centrales : celle de Boujdour (100 MW), de Midelt (150 MW) et de Taza (150 MW).

En outre, l’hydraulique verra sa puissance installée augmenter à court terme via la mise en service en 2021 de la STEP (station de transfert d’énergie par pompage) d’Abdelmoumen près de Taroudant d’une puissance de 350 MW. Une deuxième STEP à Chefchaouen d’une puissance de 300 MW sera mise en service en 2025, indique-t-on du côté de Masen.

Notons par ailleurs que la production électrique a évolué de 2,9% en 2016 par rapport à 2015, en passant de 3 4413,1 GWh à 3 5414,5 GWh. Le charbon demeure la première source de production d’électricité avec une part de près de 48%, suivi du gaz naturel avec une part de 17% et les EnR avec 14%. 5 154 GWh sont injectés dans le réseau marocain par ses partenaires étrangers, ce qui équivaut à 14%. Même si sa contribution à la production électrique a plus que doublé entre 2015 à 2016, l’autoproduction ne représente que 0,35%.

Transport électrique : 1 880 km de lignes HT-THT réalisés en 2016
En vue d’accompagner les projets de production, de renforcer la sécurité d’alimentation du pays et de participer à l’intégration régionale, l’ONEE entreprend un important programme de développement du réseau de transport d’électricité. Ainsi, il a été procédé courant l’année 2016 à la mise en service d’importants projets de développement du réseau de transport d’électricité, et ce, conformément aux engagements pris dans le cadre du contrat programme Etat-ONEE conclu au titre de la période 2014-2017. A ce titre, à fin 2016, l’ONEE a procédé à la mise en service d’ouvrages transport (lignes et postes) totalisant 2 300 MVA en puissance et 1 880 km de lignes HT-THT. Les principaux projets de transport qui seront mis en service courant 2017 sont : – le réseau d’évacuation de la Centrale de Jerrada (50 km), – la ligne 400 kV Matmata -Bourdim et ses travées départs (230 km), – le réseau d’évacuation de l’énergie électrique produite par le parc éolien de Taza, – le réseau d’évacuation de la production des parcs éoliens du nord.

par Par : Jouahri Mehdi
source Source : lavieeco.com
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